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Histoire : Danton, dans la bourrasque de la Terreur

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Danton et le verbe puissant face à la Révolution

Georges-Jacques Danton s’impose d’abord comme un personnage flamboyant, utilisant son allure comme arme symbolique. Avocat aguerri et citoyen issu de la petite bourgeoisie champenoise, il transforme le verbe en énergie de persuasion et montre que le poids de la parole peut peser sur le cours des débats.

Aujourd’hui réélu et reconnu au district des Cordeliers, il passe le cap du simple agitateur à celui d’un des artisans du pouvoir populaire. En septembre 1792, il devient député de Paris à la Convention et se fait l’un des défenseurs d’une démocratie directe, fidèle à l’idée que la presse doit circuler librement et que chacun peut parler sans être mis à l’écart.

Plus pragmatique que moralisateur, Danton évite la morale comme boussole et privilégie les compromis politiques. Cet homme des accords soutient les libertés publiques et demeure fidèle à une pratique qui privilégie l’action plutôt que la purification morale.

Desprat et Danton: l’équilibre précaire de la Terreur

En tant que ministre de la Justice après la chute de Louis XVI, Danton exhorte à une réaction énergique contre les menaces étrangères, prônant l’audace et l’action rapide. Il n’hésite pas à évoquer des mesures sévères et à parler de traîtres à poursuivre sans délai; il évoque même des chiffres spectaculaires, parlant de 30 000 traîtres à mettre hors la loi.

À l’aube des massacres de Septembre, il affirme que la révolution porte en elle un excès de sang et que seule l’application stricte des lois pourra restaurer l’ordre.

Bien qu’il ne soit pas le cerveau des tueries, il n’en condamne pas systématiquement les actes et se retrouve piégé dans l’engrenage. Membre du Comité de salut public, il n’adopte pas une idéologie totalitaire: la Terreur est pour lui mal nécessaire et passager. Avec les voix modérées qui réclament le retour à la légalité, il croit au rétablissement prochain des procédures et à l’arrêt des violences; il est finalement condamné dans un simulacre de procès et meurt à 34 ans, sans renier ses choix.

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