Deux maîtres du paysage: Robert et Fragonard réunis
À Valence, l’exposition invite à découvrir le lien qui unit Robert et Fragonard autour du paysage. Leur première rencontre remonte à 1756, à Rome, dans le cadre de l’Académie française, où Natoire guida leurs premiers essais. Fragonard, déjà distingué par son prix, et Robert, soutenu par un mécène influent, s’encouragèrent mutuellement et forment une entente créative durable.
Ils saisissent la nature sur le motif avec leurs carnets: Fragonard privilégie une luxuriance lumineuse et des atmosphères rêveuses, tandis que Robert explore des scènes plus sourdes et orageuses qui vibrent d’énergie.
Leur aventure italienne, marquée par Tivoli et le paysage romain, révèle un dialogue où chacun nourrit l’autre: Fragonard y glisse des caprices et des figures, tandis que Robert compose des vues où les ruines et les témoins du passé parlent.
Une refonte du paysage: lumière, ruines et rêverie
Dans leurs toiles, les ruines antiques ne servent plus de simple décor: Fragonard y place des silhouettes modestes et une lumière surnaturelle qui confère à l’ensemble une touche de rêve; Robert, lui, organise le cadre avec des éléments qui suggèrent mémoire et grandeur.
À Paris, Robert gagne en reconnaissance grâce à des paysages pittoresques et des gravures; de son côté, Fragonard, revenu de Rome, se tourne vers une clientèle privée et s’impose avec des paysages inspirés des maîtres du nord tout en conservant son langage narratif.
Cette exposition met en lumière une approche inédite du paysage, où le sentiment tient lieu de moteur et où l’horizon devient mémoire. Le parcours met en valeur la complémentarité des deux artistes et montre comment leur échange a renouvelé l’art du paysage, désormais au cœur du musée d’Art et d’Archéologie de Valence jusqu’au 21 juin.
