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Marseille, plaque tournante d’un trafic de voitures volées

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Des signaux d’un trafic qui s’organise sur le port

À Marseille, le Grand Port maritime vit des scènes quasi quotidiennes autour des ferries destinés à l’Algérie et à la Tunisie. Les quais se remplissent et les voitures attendent, tandis que l’ambiance mêle impatience et nervosité, comme une anticipation des départs et des retrouvailles.

Les enquêteurs remarquent souvent que sur chaque traversée, un véhicule volé peut se dissimuler parmi les arrivages. Les convoyeurs restent discrets, la tension est palpable et les voitures qu’ils manipulent affichent des signaux qui retiennent l’attention des forces de l’ordre. Les modèles privilégiés demeurent des voitures assez prisées, et les conducteurs restent des profils difficiles à déchiffrer.

Pour traquer ces trafics, les contrôles reposent sur les systèmes de lecture automatique des plaques (LAPI). Si la lecture est rapide, ce n’est souvent qu’un indice: les numéros peuvent être maquillés et les documents falsifiés. D’où la nécessité d’inspecter des points d’immatriculation supplémentaires visibles sur les vitres ou près du moteur pour essayer de remonter jusqu’aux véhicules concernés.

Une méthode bien rodée par le réseau marseillais

Le profil des propriétaires est varié: des personnes dont le véhicule a été volé, mais aussi un réseau important de loueurs, particuliers et professionnels, qui jouent un rôle clé dans ce processus. Louer pour voler devient une stratégie qui déplace la découverte et permet au véhicule d’être maquillé avant que son vol ne soit détecté.

Les chiffres évoqués par les autorités évoquent environ 120 véhicules perdus en deux ans dans ce cadre, avec un préjudice estimé à plusieurs millions d’euros. Les véhicules auraient été acheminés via des canaux qui restent à élucider, notamment en relation avec des appareils de localisation et des itinéraires maritimes.

Ce mécanisme est désormais devenu routinier: le dernier grand coup de filet, mené par la police aux frontières en mai, a dévoilé une organisation structurée mêlant logistique portuaire, maquillage des véhicules et contournement des accès. L’enquête souligne l’implication de personnes liées au port et évoque l’existence d’un hangar dédié au travail de maquillage pour franchir les contrôles en toute discrétion.

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