Rebond de Nexity: fragile et conditionné par le conflit
Le rebond du titre Nexity avait commencé comme une promesse : amortir l’année difficile et capitaliser sur le plan de restructuration du groupe. Après une année 2024 poussive, le constructeur de logements a affiché un retour partiel à l’équilibre opérationnel grâce à une réduction de coûts de l’ordre de 100 millions d’euros.
Le contexte macroéconomique est toutefois resté volage: la montée des tensions au Proche-Orient, associée à une hausse des cours du pétrole, a alimenté des inquiétudes sur l’inflation et les taux d’emprunt, ce qui freine le recours au crédit immobilier et pèse sur la dynamique du secteur. Dans ce cadre, Nexity a aussi dû composer avec des chiffres avancés qui montrent des marges encore fragiles, malgré des améliorations opérationnelles.
Sur le plan financier, l’année écoulée a été marquée par une progression du résultat opérationnel courant, porté à 15 millions d’euros et même 25 millions hors activités cédées et hors international. Le chiffre d’affaires se situe autour de 2,82 milliards, en retrait de 15,4%. La dépréciation d’actifs a toutefois creusé la perte nette à 188,4 millions et la dette nette a reculé pour s’établir à 328 millions, en ligne avec l’objectif fixé de 380 millions.
Perspectives 2025-2027: résultats, dette et incertitudes
Les réservations de logements restent sous pression, affichant une baisse de 8% à 12 008 unités, en partie due à la fin du dispositif Pinel et à la moindre dynamique des investisseurs. En revanche, les ménages accédants se montrent plus actifs, avec une hausse de 19% et près de 2 600 lots réservés, signe d’un appétit retrouvé lorsque les crédits redeviennent attractifs. Les ventes en bloc se replient aussi de 9% à 7 450 logements.
Sur le plan financier, Nexity affirme vouloir poursuivre son redressement en ajustant son offre aux évolutions du marché et en misant sur l’amélioration du résultat opérationnel courant et sur un désendettement plus rapide. L’objectif est de ramener le levier financier à moins de 3,5 fois l’EBITDA d’ici 2027. Selon le consensus FactSet, 2025 tablerait sur un EBIT d’environ 75 millions d’euros et une perte nette proche de 12 millions; 2027 verrait l’EBIT atteindre environ 130 millions avec un bénéfice net autour de 28 millions. Toutefois, ces trajectoires dépendent fortement d’une résolution rapide de la crise iranienne.
Par ailleurs, le marché valorise encore le groupe à hauteur d’une décote substantielle — environ 72% sur ses fonds propres — reflétant les incertitudes et les risques persistants. Une vision optimiste reste possible si des conditions monétaires et géopolitiques plus clémentes se dessinent.
