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Sécurité et territoires: des forces déconnectées des besoins

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Les fractures territoriales autour des moyens de sécurité

Le dernier rapport public annuel de la Cour des comptes, présenté peu après le second tour des municipales, porte sur la cohésion territoriale et l’attractivité des territoires. Ses 540 pages mettent en lumière les inégalités et les défis rencontrés par les élus locaux, tout en signalant des idées prometteuses repérées çà et là.

Face à des territoires qui gagnent des habitants et d’autres qui se dépeuplent, entre les zones prospères et celles qui s’appauvrissent, la notion de cohésion territoriale apparaît comme un objectif encore lointain.

Sur le volet sécurité, les chiffres montrent un effet trompeur: le budget consacré à la sécurité a progressé, passant de 18,3 milliards il y a dix ans à 25,95 milliards dans le budget 2026; les dépenses des municipalités s’établissaient autour de 2,3 milliards fin 2024, et les effectifs augmentent, mais le ratio par habitant recule tandis que la délinquance progresse, notamment dans les zones rurales.

Redéployer les ressources selon les besoins réels

La grande leçon porte sur l’adaptation des forces: la répartition police/gendarmerie, vieille de 80 ans, peine à suivre les mutations du territoire et conduit à des ressources mal alignées avec les niveaux de danger.

Pour les polices municipales, l’existant montre que le lien entre délinquance et effectifs demeure flou: deux départements peuvent afficher le même ratio de policiers municipaux pour 1 000 habitants mais connaître des niveaux de criminalité très différents; à l’inverse, d’autres lieux présentent des écarts marqués malgré des chiffres de personnel proches.

Face à cela, la Cour appelle à une révision rapide et pragmatique de la répartition des forces, en fonction des besoins objectifs. Le ministère de l’Intérieur indique vouloir attendre l’achèvement du déploiement des brigades promises en 2023; seules quelques-unes ont été créées et le déploiement complet pourrait prendre du retard. En attendant, les maires récemment élus devront improviser avec des moyens limités.

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