Condamnation des policiers après le drame d’Allan Lambin
Après plus de sept années d’enquête, le tribunal de Rennes a rendu son verdict: quatre policiers ont été condamnés pour homicide involontaire et devront purger six mois de prison avec sursis; en outre, ils verseront 40 000 euros à Franck Lambin, père de la victime. La peine, conforme au réquisitoire du parquet, est perçue comme une reconnaissance partielle des faits et ne gomme pas la douleur laissée par ce drame.
Ce procès dépasse le cadre d’un simple épisode opérationnel: il est devenu le témoignage d’un choc entre l’autorité publique et une famille exigeante en matière de transparence et de vérité.
Les juges ont surtout retenu un défaut de surveillance pendant une période critique, et une organisation du travail jugée fragile ce soir-là. Cette carence a empêché les secours d’intervenir rapidement et a privé Allan d’une chance de survie. Le dossier évoque aussi des lacunes dans le passage des personnes interpellées en cellule et dans la surveillance vidéo, jugée insuffisante.
Leçons et enjeux autour de ce verdict diviseur
Pour Franck Lambin, l’attente fut longue: il a soutenu sa compagne et multiplié les démarches publiques pour que lumière soit faite sur la mort de son fils. Le verdict apporte une reconnaissance partielle, mais ne peut éclore pleinement sans vérité et responsabilisation.
Dans la salle, les prévenus n’étaient pas présents à l’énoncé du délibéré; une vingtaine de leurs collègues avaient pris place. Un des avocats a évoqué une éventuelle voie de recours; l’avocate de la famille souligne qu’elle attend une reconnaissance plus explicite des responsabilités.
Ce dossier alimente un débat sur les protocoles de dégrisement et sur l’importance de la vigilance des services de police. Il interroge aussi les pratiques d’organisation et de supervision pour éviter que de telles tragédies ne se reproduisent.
