Les ambitions inattendues qui ont ouvert les portes
Parfois, la trajectoire d’un homme ne suit pas une ligne droite, mais se tisse par des portes entrouvertes et des rencontres qui changent tout. Jeffrey Epstein illustre cette illusion d’ascension: il sème des connivences plutôt que d’imposer une expertise, puis il s’en sert pour gagner en influence et disparaître lorsque le besoin se fait sentir.
En 1974, il rejoint une école privée prestigieuse de Manhattan pour enseigner les mathématiques et la physique. Sans diplômes ni certification pédagogique, il s’appuie sur un charme persuasif et une assurance qui déstabilise les sceptiques. C’est à cette période qu’une élève, sans le savoir, le présente à son père, Alan Greenberg, patron de Bear Stearns.
Greenberg voit en ce jeune homme une opportunité et l’embauche, malgré les avertissements. Très vite, les collègues pressentent les limites de son parcours, mais l’entreprise choisit de lui accorder sa chance. Cette entrée fracassante dans le monde de la finance marque le début d’un parcours où les montages et les zones grises deviennent son ordre du jour.
Réseau de protecteurs et fortunes opaques dévoilés
Une fois installé à la tête d’un carnet d’adresses déjà impressionnant, Epstein passe d’un rôle de relatif inconnu à celui d’un homme indispensable pour les puissants. Sa présence dans les tours de verre de New York et dans les cercles financiers et médiatiques n’est plus réellement contestée, même si son manque de transparence inquiète.
Il noue des alliances clés qui vont financer son ascension: d’un côté, des magnats de la finance qui savent s’entourer, et de l’autre, des transactions opaques qui suscitent les questionnements des autorités. Son apport auprès de figures telles que Steven Hoffenberg et Leslie Wexner traduit une stratégie consistant à convertir l’influence en flux financiers, avec des sommes faramineuses en honoraires.
Plus tard, l’étendue de son réseau et de ses revenus problématiques attise les investigations et alimente les spéculations: qui bénéficie vraiment de ces arrangements et pourquoi tant de secrets entourent ce particulier de la haute société? L’affaire Epstein demeure, à ce stade, autant un mystère financier qu’un symbole de l’influence non contrôlée.
