Contexte: Liévin, tradition et controverse autour du 1er Mai
À Liévin, ville marquée par l’histoire minière, le 1er mai se déroule habituellement en deux temps: une gerbe en mémoire des mineurs et une prise de parole des syndicats à l’hôtel de ville. Cette année, le maire Dany Paiva annonce la suppression de la seconde étape, invoquant le risque de politisation et souhaitant recentrer la célébration sur les droits des travailleurs.
Le maire précise que l’hommage central demeure, notamment pour les 42 mineurs morts lors du coup de grisou en 1974. La cérémonie des médailles du travail, traditionnelle le même jour, est reportée à une date ultérieure.
Du côté des syndicats, la décision est perçue comme une rupture avec l’histoire locale et comme une instrumentalisation du rituel. Perrine Mohr, secrétaire générale de la CFDT Hauts-de-France, déplore un manque de considération pour les travailleurs et l’héritage du territoire. Pendant ce temps, certains soutiens du maire estiment que les interventions syndicales ont largement dominé la journée et qu’il faut recentrer l’événement sur le travail et ses défenseurs.
Réactions et implications politiques dans le Pas-de-Calais
Les réactions affluent, avec des responsables syndicaux et des élus dénonçant la mise à l’écart d’une tribune officielle et l’affaiblissement du lien entre la municipalité et les organisations ouvrières.
Dany Paiva assume ses propos sur les réseaux sociaux, arguant que l’extrême gauche se sert de la cérémonie à des fins de propagande et rappelant que les syndicats devraient rester attachés à leur rôle historique: défendre les travailleurs sans politiser le moment.
Ce cas n’est pas isolé: à Hénin-Beaumont, ville voisine dirigée par le RN, une suppression similaire de la cérémonie a aussi été pratiquée. Le débat met en lumière une tension durable entre le monde ouvrier et les formations au pouvoir, et il pourrait influencer le climat social et électoral de la région à l’approche des échéances publiques.
